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Taxidermie et chimères : entre l’étrange et le merveilleux

Quand on pense à la taxidermie, les premières images qui viennent en tête sont celles de vieux trophées de chasse poussiéreux sur les murs de maisons lugubres. Mais il y a bien plus ! Depuis le siècle dernier, des taxidermistes à la fibre artistique, inspirés par la mythologie classique et les histoires fantastiques, comme celle d’Alice au Pays des Merveilles, se piquent de créer en 3D des créatures fantastiques, à base de peau et de plumes issues de divers animaux. Allons faire un tour dans notre cabinet de curiosités, afin de découvrir certaines de ces créatures fascinantes...


Par David Leggett - expert en taxidermie à Catawiki


Singe ou sirène ?

Durant des siècles, les légendes entourant les sirènes ont tenu en haleine les explorateurs des mers dans l’espoir de capturer une de ces créatures mythiques. Le cirque ambulant de Barnum a dévoilé au monde entier la sirène des Fidji : moitié singe, moitié poisson. C’est un fait connu que les pêcheurs du Japon et des Indes orientales fabriquaient ces créatures hybrides, utilisées parfois lors de cérémonies religieuses, en cousant singe et poisson. Un capitaine au long cours américain, Samuel Barrett Edes, acheta cette créature à des marins japonais en 1822, avant qu’elle ne se retrouve, une vingtaine d’années plus tard, dans le cirque Barnum. Cette attraction était devenue tellement populaire qu’elle fut copiée, et devint un élément incontournable de tout cabinet de curiosités. Bien qu’il s’agisse d’un canular – ce qui est facile à voir aujourd’hui – bien des personnes à l’époque crurent à l’authenticité de la créature, perpétuant ainsi le mythe de la sirène.



Des animaux objets

Un ours debout, chez vous, qui joue le rôle d’une table ? Cela peut paraître étrange, mais à l’époque victorienne, des éléments de décoration ou des meubles faits à partir de morceaux d’animaux étaient très à la mode. Rowland Ward était un taxidermiste réputé dans le monde entier et il fut le fondateur de la société Rowland Ward Limited of Piccadilly, à Londres. Sa boutique était connue sous le nom de « La jungle ». Ses talents de taxidermiste avec les oiseaux et les grands fauves étaient très réputés, et il lui arrivait de fabriquer des trophées et des éléments décoratifs à base de bois, de sabots, de peaux, de plumes et de défenses. Parmi ses pièces très prisées : un « majordome » sous la forme d’un ours empaillé tenant un plateau sur lequel on pouvait poser ses verres, des animaux empaillés servant de pieds de lampe, des meubles à apéritif élaborés dans des pieds d’éléphant. Rowland Ward créa également plusieurs chimères – qui est le nom donné aux créatures mythiques créées à partir d’éléments d’animaux existants. Une de ces chimères fut récemment vendue aux enchères sur Catawiki. Cette chimère fut créée en 1936, apparemment pour un client privé, et était un mélange de crabe, de singe, de coq, de canard et de cerfs...avec, en outre, un visage artificiel. Son nom est Pajok et selon la légende, elle aurait été « capturée au Soudan ».



Taxidermie en folie

En 2005, l’artiste new-yorkais Sarina Brewer a inauguré un nouveau style à la fois pop et surréaliste, intitulé « Rogue Taxidermy ». Cela a marqué un nouvel engouement aux États-Unis pour la taxidermie, et notamment celle des créatures mythologiques. Il s’agit d’un style artistique mélangeant sculptures de différentes techniques et éléments de taxidermie traditionnelle, utilisées de manière non-conventionnelle. Il n’est pas nécessaire que la sculpture finale comporte des vrais éléments d’animaux et beaucoup d’œuvres sont réalisées à partir de fausses plumes et fausses fourrures. Une des sculptures de Sarina Brewer, Obsidian, est une version moderne du griffon d’Alice au Pays des Merveilles : moitié vautour, moitié chat.




Sa créature moitié chèvre et moitié poisson rappelle les sirènes des Fidji, exposées par Barnum.



Enrique Gomez de Molina, basé à Miami, est un autre artiste contemporain travaillant avec la taxidermie. En créant des assemblages, certes magnifiques, mais troublants, de parties d’animaux, il cherche à attirer l’attention sur les dangers que posent pour les espèces protégées les déchets radioactifs et chimiques, la déforestation et l’activité humaine intensive.




Dans la même veine, Kate Clark, artiste basée à Brooklyn ajoute des têtes de forme humaine sur des corps d’animaux, explorant ainsi les recoupements entre nos cultures et nos histoires et cherchant à questionner les caractéristiques qui nous séparent du règne animal et qui, surtout, nous unissent.



Au cours des dernières semaines, des créatures similaires ont été vendues lors de nos ventes aux enchères Catawiki de cabinetsde curiosités. Pensez à regarder cette vente aux enchères, organisée à la fin de chaque mois pour y découvrir d’autres créatures merveilleuses.

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